J'ai le bonheur de vous faire partager l'interview de Laurie qui nous parle de son amour pour le Japon sur son blog : o-cha to wagashi !
L'interview....
D’où te vient cette passion pour la cuisine japonaise ?
De mon amour-passion sans bornes pour ce pays, bien sûr. Parce que cette passion a pris ses racines extrêmement tôt dans mon enfance, je savais déjà bien avant de partir au Japon que la gastronomie nippone ne se limitait pas qu'aux sushi. Néanmoins, habitant la province je n'avais encore jamais eu l'occasion de goûter aux mille délices de cette cuisine... Quand je suis revenue de mon périple japonais, j'étais tombée en amour. L'immense variété de la gastronomie japonaise, sa richesse, ses valeurs, son respect de la tradition et le soin qu'elle met à se décliner à l'infini en fonction des saisons, m'ont fascinée. Le retour fut difficile... il m'était inconcevable de ne plus pouvoir manger tous les jours de délicieux takoyaki achetés au coin de la rue, de ne plus pouvoir déguster un onigiri sur le pouce ou bien d'avoir à payer 4 euros pour croquer dans un daifuku moelleux (alors qu'ils ne coûtent que 100 yen au japon !). J'ai donc décidé de me mettre aux fourneaux, et de me servir de mes petites mains pour confectionner moi-même tous ces mets délicieux qui me manquaient tant. J'ai la chance d'avoir pu trouver dans ma ville un supermarché asiatique fort bien achalandé (Asiana, 56 bd Risso - Nice), qui me permet d'assouvir cette nouvelle passion (à laquelle je me suis abandonnée avec délectation). Ce faisant je m'amuse beaucoup, mais je refuse de me prendre au sérieux : quiconque se passionne pour la cuisine japonaise comprend vite qu'il est nécessaire de rester toujours humble face à elle ! J'apprends constamment, et je découvre de nouveaux ingrédients ou de nouvelles préparations tous les jours ! J'ai la chance d'avoir de nombreuses amies japonaises (dont certaines logent chez moi de temps à autre) et nous cuisinons ensemble : auprès d'elles et grâce à elles, je continue à apprendre énormément. Kazuyo m'a appris à faire de merveilleux gyōza, Keiko m'a enseigné ce mouvement de mains caractéristique, qui permet de réussir de magnifiques onigiri en seulement quelques secondes. J'étudie le japonais depuis 3 ans à présent, ce qui me permet de suivre avec facilité certaines émissions culinaires japonaises à la télévision (mais je suis une grande consommatrice de drama culinaires aussi), ou de déchiffrer quelques livres de cuisine. Mais, dussé-je vivre 300 ans, je sais que je ne serai jamais totalement au fait de tout ce que cette gastronomie a de merveilleux, et c'est justement ça qui est excitant !
Oui, j'ai la chance d'avoir voyagé durant tout un mois au Japon l'année dernière. J'étais basée à Tōkyō dans un petit appartement (davantage une chambre, en réalité, vu sa taille !), mais j'avais réservé avant de partir un pass de train qui m'a permis de me déplacer selon mes envies, et de visiter des villes comme Nara, Kyōto et Ōsaka, ainsi que quelques petit coins perdus au charme immense, tels que Miyajima, Takayama et Furukawa. Et c'est là que j'ai pu tester en live le fruit d'une année d'étude linguistique acharnée ! Ce voyage a profondément marqué ma vie, dans tous les sens du terme et de bien des manières, mais puisque c'est l'aspect culinaire qui nous intéresse ici, je m'en vais évoquer quelques souvenirs qui m'émeuvent encore beaucoup trop pour les classer de façon cohérente dans ma mémoire. Car tous furent des instants magiques...
De mon premier sukiyaki dégusté dans un établissement ultra-traditionnel (et très chic), aux onigiri des konbini de la gare de Oomori qui ont composé nombre de mes petits déjeuners... De mes tout premiers hanami dango, dégustés sous les cerisiers en fleurs du Temple Tō-Ji à Kyōto, aux heures passées à scruter, émerveillée, les rayons des supermarchés d'alimentation... De ma première expérience émerveillée du tabehōdai (restaurants où l'on peut manger à volonté) à la soirée extraordinaire, tellement riche d'échange et de partage, passée au comptoir d'un okonomiyaki-ya curieux et volubile à Ōsaka... Des depachika hyper-chics de Tōkyō (qui m'ont permis de goûter à des aliments fabuleux le plus gratuitement du monde), à celui du petit depato de Ōimachi, avec cette vendeuse de poissons francophile qui nous suivait partout pour nous faire tout goûter... De l'achat de yōkan fait maison à une petite obaasan sur le bord de la route à Takaosanguchi, à celui de ma toute première boite à bentō dans une petite rue de Nishi-Nippori... ....dans mon esprit ces souvenirs se mélangent et se superposent encore comme s'il ne s'était agi que d'un rêve. Encore maintenant, évoquer tout ça m'émeut presque aux larmes... Je suis infiniment reconnaissante à la Vie de m'avoir donné l'extraordinaire chance de réaliser mon rêve, celui de vivre de tels moments.
As-tu un produit préféré ? Et dans quelle épicerie peut-on le trouver ?
Oulà, c'est une question bien difficile que tu poses là, Damien. Il y en a trop de produits japonais que j'adore pour en préférer un ! Hmmm, ok, alors je te propose un petit portrait... chinois (!) des produits que je préfère ! Si c'était une algue : le nori sans hésitation, que j'adore au point de le croquer "sans rien". Mais j'ai remarqué que l'on trouvait à présent du konbu en gros conditionnement chez Asiana, aussi vais-je peut-être bientôt introduire cet aliment à ma cuisine de tous les jours (en faisant enfin mon dashi moi-même). Si c'était un champignon : j'ai toujours des shiitake séchés à la maison, c'est un délicieux champignon, vraiment très parfumé. Mais j'avoue un faible pour les enokidake frais. Si c'était un légume : renkon (la racine de lotus) ! Si c'était une nouille : udon, mes préférées. Et il y a bien sûr mes basiques : le dashi en granulés, goma-abura (huile de sésame), les miso blanc et rouge, le katsuobushi, toutes sortes de furikake, le shōyu, le mirin...
Quel est ton plat japonais préféré ?
Là encore, il y en a tant ! Mais s'il faut en choisir un, je dirais... oden ! (sorte de pot-au-feu à base de poisson et de légumes)
Et un dessert ?
Là c'est un peu plus difficile, les japonais n'étant pas réellement enclins à consommer des desserts en tant que tels (une amie japonaise m'a expliqué que le goût des choses sucrées était considéré comme étant propre aux filles, le fait d'aimer les douceurs pour un garçon est jugé "pas très viril"...). Ce qui ne veut pas dire qu'on ne trouve pas de douceurs au Japon, oooh que non ! Alors s'il faut parler de douceurs, je dirai bien sûr les wagashi, il y en a de si délicieux. J'adore tout ce qui est fait à base de mochi et d'an (pâte de haricots rouges sucrée) ou de shiro-an (pâte de haricots blancs sucrée, à la saveur si fine et si subtile). Je voue un culte à tous ces délices que l'on sert traditionnellement au Japon avec le thé. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai nommé mon blog o-cha to wagashi.:)
Est-ce que tu as une bonne adresse de restaurant ?
Alors là, sans aucune hésitation ! Une *excellente* adresse à Nice : le restaurant Amada. Tenu par un couple de japonais expatriés dans notre jolie ville (Monsieur officie à la cuisine et Madame - avec d'exquises manières - en salle), ce restaurant encore peu connu du grand public permet de déguster une cuisine japonaise authentique et d'une finesse.... ah ça, rien à voir avec les restaurants pseudo-japonais-teppanyaki du centre ville ! Tenpura légers comme l'air, asperges vertes encore un peu croquantes, avec une délicieuse petite sauce au miso, tofu soyeux tout simplement divin, le tout dans un décor très épuré sans la moindre faute de goût. Réservation conseillée (18 couverts seulement !). 17, Rue Tonduti de l'Escarène, 06000 Nice. Tel : 04 93 62 00 81.
Merci beaucoup, Laurie.


Une vraie passion !!! Et c'est communicatif ! Je ne connais qu'une infime partie de la gastronomie japonaise et je ne demande qu'à apprendre !
Cet article est vraiment intéressant et je crois que la prochaine escapade sur Lille, je fonce chez l'épicier...
bon week end à toutes et à tous
;-)
Laurence
Rédigé par : Laurence G. | 17 octobre 2008 à 09:08
je suis restaurateur dans la region de bordeaux face a l ocean a lacanau je suis chef de cuisine et aime la cuisine japonaise ,je fais deja un peu de cuisine japonaise, mais je voudrais plus impliquer dans ce style de cuisine pour la prochaine saison et faire du emporter,je recherche cuisinier japonais,parlant francais ou anglais pour 7 mois de saison voulant apprendre cuisine francaise et proposer cuisine japonaise merci d avance tel0625753150 MR FONTENEAU
Rédigé par : STEPHANE FONTENEAU | 16 octobre 2009 à 11:27